Lavit
au coeur de la Lomagne

 

A Lavit, pas de places vides, les maisons s'agglutinent les unes aux autres, le long d'étroites ruelles. Ce qui donne un air de bastide, c'est le cœur de l'agglomération avec la halle et l'hôtel de ville entourés de couverts. Pour le reste, on a abattu les anciennes murailles qui se seraient trouvées à l'intérieur et taillé des rues étroites dans les pâtés de maisons. L'ensemble, y compris les faubourgs (Toumet, Les Treils) devenus des quartiers, donne une impression de quadrillage, mais sans la régularité de celui de Beaumont par exemple.
Au sud, on gagna une bande de terrain vers le ravin, laissant seulement l'emplacement du fossé et d'un chemin étroit qui le longeait. Une rangée de maisons bordant la grande rue est adossée à la muraille, sur des caves occupant l'espace vide en contrebas. Intercalée entre elles, une puissante forteresse fait partie du plan de fortification de la cité réaménagée. La tour primitive, isolée du bourg, était déjà probablement abandonnée.


Le bourg occupe, intra-muros, un peu plus de deux hectares. Par la suite, les faubourg de Mathieu et de la Bergognerie furent chacun englobés dans une seconde enceinte se raccordant à la première. L'église fut alors construite dans des proportions plus importantes en ouvrant une brèche dans la première enceinte.

L'église actuelle, construite au début du XVIe siècle sur l'emplacement de l'ancienne, avait à l'origine des proportions assez vastes. La mauvaise qualité des matériaux utilisés est la cause des diverses mutilations qu'elle a subit. La nef fut amputée de la moitié de sa longueur et l'autre partie abaissée de quatre mètres. Une grosse tour sans caractère architectural a remplacé le beau clocher toulousain. Elle a perdu, comme l'écrivait le chanoine Gayne "la belle et fière allure que ses premiers bâtisseurs avaient voulu lui donner." On peut juger de sa splendeur passée par les chapiteaux et les clés de voûtes.


Lavit devint un centre de foires et de marchés, restés parmi les plus importants de la contrée, qui en firent le renom à cent kilomètres à la ronde, principalement pour le commerce des bestiaux. Ils ont seulement disparu au milieu du XXe siècle.

Lavit fut la "capitale" de la vicomté primitive de Lomagne, le premier siège de l'élection pendant un demi-siècle, le siège principal de la justice royale du pays ; des réunions importantes s'y tinrent lors des Guerres de Religion et sous la Fronde. Une des quatre principales places fortes des vicomtes de Lomagne, le château, qui faisait partie de l'appareil défensif du bourg, fut vendu et démoli à la Révolution. Sur son emplacement fut construit, de 1836 à 1840, l'actuel hôtel de ville. L'antique halle en bois a été remplacée par une halle métallique à la fin du siècle dernier (1894).