Origines du pays de Lomagne

L'histoire nous enseigne que la plupart des Etats ont eu pour origine l'existence d'une voie de passage tracée par la nature, fréquentée par le commerce bien avant qu'il se fut constitué une société et un gouvernement.Henri Caillavès, La route française

Le triangle lomagnol

Trois cours d'eau, le fleuve Garonne et deux de ses affluents de la rive gauche : l'Arratz et la Gimone délimitent le triangle lomagnol, cœur du pays, qui s'est développé autour de cet antique carrefour. Des marches le relient aux pays voisins.

 

 

Les marches

La Lomagne entre Gimone et Lambon a toujours été considérée comme une marche toulousaine dont l'influence ne dépassait guère la Gimone.

 

  Le Bas-Pays, autour de Saint-Nicolas-de-la-Grave, si fortement individualisé soit-il, ne devint jamais une entité territoriale et resta une marche languedocienne. Il releva de la Lomagne sur le plan féodal et religieux, mais de Rivière-Verdun pour la Justice et les Finances ; il resta dans l'orbite des marchés de Lavit mais adopta le dialecte languedocien sous l'influence de l'abbaye de Moissac et surtout du cosmopolitisme des gens du fleuve, très tôt grande voie commerciale
Un important carrefour de l'Est aquitain  
Qui dit carrefour, dit convergence et celui-ci donna naissance au pays, les courants migratoires ayant fini par constituer un fond de population. Ce sont les hommes qui, à travers la permanence de leurs relations en ont tissé la trame serrée qui résista à toutes les tentatives de déchirures, laissant seulement des cicatrices superficielles (frontières féodales, religieuses et administratives).

Deux voies antiques

Pendant longtemps, les migrations conduisirent l'homme de la montagne dans la vallée, ce qui valut à la Lomagne, bordée par la Garonne, un afflux humain en provenance des Pyrénées et du Massif Central. La jonction des deux ouvrit la route reliant la Bigorre à l'Auvergne qui devint une grande voie commerciale. En Lomagne, où elle suivait la crête entre l'Arratz et la Gimone, on l'appela plus tard le Chemin des Beurriers (lo Camin deus Burraires, en gascon).

Le principal itinéraire de la Méditerranée à l'Atlantique, ou du moins le plus direct, de Narbonne à Bordeaux, passait par Toulouse et traversait la Lomagne où il coupait la route de crête, formant un des principaux carrefours aquitains. Il s'y établit un hameau routier que l'on appela Vic-de-Lomagne et qui devint Lavit.