AGRICULTURE

L'espace cultural

   

Pour favoriser la colonisation et la mise en culture des terres, les seigneurs médiévaux concédaient à des groupes de défricheurs des territoires découpés en parcelles. Ce morcellement qui s'est poursuivi par les cessions et les héritages se voit sur les plans cadastraux (ici Bivès en 1833).
Le découpage parcellaire révèle parfois les courbes du relief qu'il épouse.
Les champs rubanés, de loin les plus nombreux au point de lacérer les feuilles cadastrales, reçurent le nom de courroies ("las correjas") en raison de leur étroitesse et de leur longueur.

Il y avait des obstacles dont il fallait tenir compte : les chemins de grande communication ou de voisinage, les cours d'eau, les rebords de plateau parfois abrupts, des talus formés par des ravines. Les parcelles pouvaient alors prendre des formes diverses, parfois triangulaire ("la punta", la pointe), à moins qu'elle ne s'enfonce dans un méandre de rivière ("la cornèra", de "corna" corne).
Il y avait aussi des champs très étendus, d'un seul tenant, aux limites parfois difformes, contrastant avec le morcellement que nous venons de décrire. C'étaient des terres seigneuriales, des propriétés ecclésiastiques, des acquisitions bourgeoises divisées en bordes, et aussi de riches ménagers, les propriétaires exploitants du XVIIIe siècle. Ce sont souvent des "costalat", des flancs entiers de coteaux, des terreforts, mais parfois de grandes plaines.